Operation Epic Fury
Dans la nuit du 28 février 2026, les États-Unis d’Amérique « USA », en collaboration avec l’État d’Israël, ont lancé une campagne de bombardements nommée « Opération Epic Fury » contre la République islamique d’Iran (« Iran »).
Cette nouvelle opération s’inscrit dans la lignée d’une opération similaire exécutée en juin 2025, nommée « Opération Midnight Hammer ». L’opération Midnight Hammer avait pour objectif la destruction des sites nucléaires iraniens, notamment ceux de Fordow, Natanz et Ispahan, à travers l’utilisation de multiples appareils américains, dont notamment la célèbre GBU-57, une bombe à pénétration massive « Bunker Buster Bombs ». Il est important de noter qu’à l’issue de l’opération Midnight Hammer, l’administration américaine, à travers le président Donald Trump, avait indiqué la destruction complète et totale de ces trois sites nucléaires.
De ce fait, « l’Opération Epic Fury » ne devrait pas être une surprise. Dans les semaines précédant l’opération Epic Fury, nous avons observé l’arrivée en Méditerranée de l’armada américaine la plus impressionnante depuis la guerre d’Irak en 2003, notamment avec le plus grand porte-avions du monde, l’USS Gerald R. Ford, ainsi que de nombreux « destroyers ».
Sur le plan militaire, les objectifs de l’opération, tels qu’énoncés par l’USCENTCOM, étaient les suivants :
- La neutralisation de la garde révolutionnaire iranienne « IRGC ».
- La neutralisation de la défense aérienne iranienne.
- La destruction de sites de lancement de missiles et de drones iraniens.
- La destruction des aérodromes militaires iraniens.
Si, sur le plan militaire, les objectifs de l’opération sont clairs, sur le plan politique les choses sont plus compliquées. Dans les jours suivant le début de l’opération, l’administration américaine a eu de très grandes difficultés à expliquer ses objectifs sur le plan politique. Dans les premières heures de l’opération, l’administration américaine a fait savoir que son objectif était la destruction des capacités nucléaires de la République islamique d’Iran, qui, selon elle, posaient une menace imminente à la sûreté de l’État américain. Cependant, cette raison peine à tenir la route, simplement du fait que l’administration elle-même, en juin 2025, à la suite de l’opération Midnight Hammer, avait annoncé la destruction totale et complète des capacités nucléaires iraniennes.
De plus, il faudrait noter qu’à la veille de l’opération Epic Fury, le ministre des Affaires étrangères du Sultanat d’Oman, « Sayyid Badr bin Hamad Al Busaidi », en sa qualité de médiateur, annonçait une avancée significative dans les pourparlers entre les États-Unis d’Amérique et la République islamique d’Iran. Il est donc très difficile aujourd’hui de croire que la République islamique d’Iran posait une menace existentielle à l’État américain.
À la suite de cet argument peu convaincant, l’administration américaine annonçait peu après que son objectif dans cette opération était le changement de régime ainsi que la libération du peuple iranien.
Alors, d’après notre analyse et les éléments en notre possession, DIGNITERDC pense que les objectifs peu avoués de l’administration américaine sont similaires à ceux de nombreuses campagnes militaires américaines dans le passé, notamment :
- Le morcellement de la République islamique d’Iran.
- Le contrôle des matières rares et stratégiques, notamment le pétrole.
- L’installation d’un gouvernement pro-américain à la tête de l’Iran.
- L’élimination d’un partenaire stratégique de la Chine et de la Russie.
- Mettre à l’arrêt la dédollarisation en éliminant un membre important des BRICS et ainsi préserver le dollar en tant que réserve mondiale et maintenir son hégémonie financière, notamment sa capacité à imposer des sanctions économiques.
Conséquences et implications économiques
Sur le plan humain, les conséquences sont déjà lourdes. Durant la première phase de l’opération, l’école primaire « Shajareh Tayyebeh », dans la ville de Minab, dans la partie sud de l’Iran, a fait l’objet d’une frappe aérienne, tuant ainsi 168 fillettes, selon l’UNICEF.
Dans cette même première phase de l’opération, le guide suprême de la République islamique d’Iran, « l’Ayatollah Ali Khamenei », a également péri à la suite d’une frappe aérienne, en compagnie de sa fille, de sa petite-fille, de son beau-fils et de sa belle-fille. Son épouse est décédée quelques jours plus tard des suites de ses blessures.
Le leadership militaire, notamment celui de la garde révolutionnaire iranienne « IRGC », le ministre de la Défense et d’autres officiers supérieurs de l’armée ont également péri à la suite de ces frappes aériennes.
En réponse à cette décapitation du leadership iranien, l’armée iranienne est passée d’une structure centralisée à une structure mosaïque, ce qui signifie que chaque commandant a ainsi reçu une pleine autonomie pour agir en fonction de ses besoins et objectifs. Ainsi, les décisions militaires ne sont plus dictées par Téhéran, mais plutôt par chaque commandant dans sa zone d’opération.
De ce fait, la réponse militaire de l’Iran s’est matérialisée par des frappes de drones et de missiles visant toutes les bases américaines au Moyen-Orient, ainsi que plusieurs villes de l’État israélien.
Sur le plan économique, la République islamique d’Iran a réagi par la fermeture du détroit d’Hormuz. Ce détroit est un corridor étroit dans le golfe Persique, situé entre l’Arabie saoudite, Oman et l’Iran. Ce passage est particulièrement stratégique, car environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié (« GNL ») y transitent. Sa fermeture pourrait donc avoir des conséquences économiques néfastes aussi bien pour les pays producteurs que pour les pays consommateurs, entraînant une hausse significative des prix du pétrole et du GNL à travers le monde.
L’Europe, quant à elle, importe du pétrole et du GNL principalement d’Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis, déjà touchés par ce conflit. Ainsi, la fermeture du détroit d’Hormuz pourrait entraîner une augmentation du coût de l’énergie en Europe, perturbant de nombreuses industries telles que la fabrication, les transports et l’agriculture.
Quelle issue à ce conflit ?
Il est difficile de prédire l’issue de ce conflit. Néanmoins, il est important de noter certains signaux. Peu avant le commencement de l’opération Epic Fury, certaines informations faisaient état d’un désaccord entre l’administration américaine et son leadership militaire, inquiet face à la perspective d’un conflit prolongé avec l’Iran. Compte tenu de sa géographie principalement montagneuse, les experts militaires considèrent l’Iran comme étant une zone très difficile à conquérir.
Un autre point soulevé par les experts est que ce conflit représente un exemple presque parfait d’une guerre asymétrique, notamment comme l’ont révélé les propos du secrétaire d’État américain Marco Rubio :
Traduction française : « Ils « Iran » produisent, selon certaines estimations, plus de 100 de ces missiles par mois. Comparez cela aux six ou sept intercepteurs qui peuvent être construits par mois. Ils peuvent en fabriquer une centaine par mois, sans compter les milliers de drones d’attaque unidirectionnels qu’ils possèdent également. Ils font cela depuis très longtemps. Et d’ailleurs, ils le font tout en étant sous sanctions. » (Source : Département d’état des États-Unis, Marco Rubio, Secrétaire D’état Des Etats Unis d’Amérique).
Ainsi, à travers ces propos, il est clair que l’administration américaine se retrouve dans une position où il serait très difficile de maintenir ce conflit à très long terme. Le drone Shahed, armement favori de l’armée iranienne, est un drone dont la production coûterait entre 20 000 $ et 50 000 $, tandis qu’un intercepteur américain coûterait environ 1 million de dollars par unité produite.
La RDC dans le conflit Américano-Iranien
Il est difficile de percevoir le rôle de la République démocratique du Congo dans ce conflit. Cependant, la RDC joue un rôle très important dans la stratégie américaine de conservation de son hégémonie mondiale. Cherchant à contrecarrer l’ascension de la Chine, les États-Unis d’Amérique veulent sécuriser leur accès aux ressources qu’ils considèrent comme étant critiques pour leur sécurité nationale.
Une des faiblesses reconnues par l’administration américaine est sa dépendance aux minerais rares provenant de la Chine. Ainsi, pour mettre fin à cette dépendance, l’administration américaine compte elle-même sécuriser son accès à ces minerais rares, utilisés dans la production de son armement, par exemple les intercepteurs mentionnés dans la section précédente.
C’est ainsi que l’accord de partenariat stratégique entre les USA et la RDC prend tout son sens, car il offre une exclusivité d’accès aux minerais rares nécessaires à la production d’armement lorsqu’ils sont inscrits dans la liste appelée « Strategic Asset Reserve » (« SAR »). Il constitue également une réserve stratégique pour l’État américain, avec le corridor de Lobito servant de chaîne d’approvisionnement principale vers les marchés américains.
Ainsi, l’attention particulière portée par les USA à la RDC n’est pas un fait anodin ; elle s’inscrit dans la stratégie globale américaine de conservation de son hégémonie mondiale.
References
Jones, J. F. (2025, June 22). What’s at stake for Europe if the strait of Hormuz is blocked? | euronews. What’s at stake for Europe if the Strait of Hormuz is blocked? https://www.euronews.com/my-europe/2025/06/22/whats-at-stake-for-europe-if-strait-of-hormuz-is-blocked
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U.S. Central Command. (2026, February 28). U.S. forces launch Operation Epic Fury. https://www.centcom.mil/MEDIA/PRESS-RELEASES/Press-Release-View/Article/4418396/us-forces-launch-operation-epic-fury/
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UNICEF. (2026, March 5). The brutality of war measured in children’s lives as hostilities escalate in Iran. https://www.unicef.org/press-releases/brutality-war-measured-childrens-lives-hostilities-escalate-iran
Radio Free Europe/Radio Liberty. (2026, March 7). With top brass dead, Iran deploys decentralized “mosaic” strategy to boost defenses. https://www.rferl.org/a/iran-irgc-israel-us-war/33697690.html
Hollenbeck, N., Altaf, M. H., Avila, F., Ramirez, J., & Sharma, A. (2025, February 19). Calculating the cost-effectiveness of Russia’s drone strikes. Center for Strategic and International Studies. https://www.csis.org/analysis/calculating-cost-effectiveness-russias-drone-strikes
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