Le 6 avril marque la journée internationale du sport au service du développement et de la paix, instaurée en 2013 par l’Organisation des Nations Unies et célébrée depuis 2014. Cette journée n’a pas été instaurée par hasard.

Après plusieurs conflits à travers le monde, les organisations internationales ont compris que les solutions classiques ne suffisaient pas toujours pour construire une paix durable. Il fallait des outils simples, accessibles et capables de toucher directement les populations.

Le sport s’est alors imposé comme une solution concrète. Plusieurs initiatives ont montré que le sport pouvait réduire les tensions, encadrer les jeunes et renforcer les liens sociaux. C’est dans cette logique que cette journée a été créée, avec comme objectif de sensibiliser les états à l’importance du sport dans le développement et l’instauration d’une paix durable d’un pays. Le choix du 6 avril fait référence aux premiers Jeux Olympiques modernes de 1896, symbole d’unité entre les peuples. [1]

Impact du sport lors d’une guerre ou d’un conflit

La trêve de Noel (1914) : pendant la première guerre mondiale, en décembre 1914, des soldats allemands et britanniques ont arrêté de se battre pendant quelques heures. Ils sont sortis de leurs tranchées, ont discuté entre eux et ont même joué au football. Grace au sport, ils ont pu oublier la guerre pendant un court instant et voir que leurs ennemis étaient en réalité comme eux. Cela n’a pas arrêté la guerre, mais cela a montré que le sport peut créer un moment de paix même dans une situation très difficile. [2]

L’Apartheid et la coupe du monde 1995 : à cette époque, l’Afrique du Sud était très divisée entre les différentes communautés (Noirs vs Blancs). Le président Nelson Mandela a utilisé le rugby pour unir la population. Pendant la Coupe du monde de 1995, il a encouragé tout le monde à soutenir l’équipe nationale (Springboks, une équipe composée des blancs de l’Afrique du Sud). Le sport a permis de rassembler les gens et de créer un sentiment d’unité, il n’était plus question des noirs vs blancs, il était juste question d’unifié nos forces malgré nos différences afin de soutenir leur équipe nationale et remporter la finale par la suite. Dans ce cas, le sport a été plus durable que dans la trêve de Noel. [3]

La situation en République démocratique du Congo

En République démocratique du Congo, cette journée prend une signification particulière. À l’Est du pays, les conflits continuent d’affecter les populations, surtout les jeunes. Le manque d’encadrement et d’opportunité pousse certains vers la violence ou même vers des groupes armés; le phénomène des Kadogo, ces enfants enrôlés dans les conflits, illustre bien cette réalité difficile. Dans ce contexte, le sport peut jouer un rôle essentiel. Donner un ballon à un jeune, c’est lui offrir une autre voie, c’est lui donner un objectif, une discipline, un rêve et un cadre. À l’inverse, lui donner une arme, c’est le plonger dans un cycle de violence. Le sport devient donc une solution concrète pour détourner les jeunes des conflits et les orienter vers un avenir plus positif.

Le sport comme facteur de cohésion sociale

Le 25 mai 2000, lors de la toute première édition des Laureus World Sports Awards à Monaco, Nelson Mandela , pendant son discours a dit : « Le sport a le pouvoir de changer le monde. Il a le pouvoir d’unir les gens d’une manière quasi-unique. Le sport peut créer de l’espoir là où il n’y avait que du désespoir. Il est plus puissant que les gouvernements pour briser les barrières raciales. Le sport se joue de tous les types de discrimination ». [4]

Le sport a cette capacité unique de rassembler les gens. Sur un terrain, les différences disparaissent. Peu importe l’origine ou la situation sociale, tout le monde joue ensemble avec les mêmes règles. Un simple match peut suffire à créer du respect et de la solidarité. L’exemple concret récent est la qualification de la RDC à la coupe du monde 2026 après 52 ans. Pendant ce moment, tout le pays était uni, rempli de joie et de fierté. Les différences ont été mises de côté, et une véritable cohésion nationale s’est créée. Cela prouve que le sport peut rassembler toute une nation, même dans un contexte difficile (conflit à l’Est du pays).

Le sport comme levier de développement

Au-delà de la paix, le sport contribue aussi au développement d’un pays. Il permet d’encadrer les jeunes, d’améliorer la santé et de transmettre des valeurs comme la discipline et le respect. Il peut aussi générer des opportunités économiques à travers les infrastructures, les événements sportifs et les emplois. Investir dans le sport, c’est donc investir dans l’avenir. Aujourd’hui, en RDC, le sport ne doit plus être vu comme un simple loisir, mais comme une véritable stratégie. Une stratégie pour prévenir les conflits, renforcer la cohésion sociale et soutenir le développement du pays. Le sport n’est pas juste un jeu. Dans notre contexte, il peut devenir une solution réelle pour construire la paix.

‘‘ Congolais, congolaises, du centre, de l’Est et de l’Ouest, du Nord et du Sud, récemment le sport (le football) nous a montré aujourd’hui que toute la RDC est capable de se rassembler, de jouer ensemble et de poursuivre un même objectif: se qualifier pour le mondial. Cette qualification a uni tout un peuple dans la joie. Pendant un moment, nous avons mis de côté nos différences, et mêmes les douleurs liées aux conflits à l’Est de notre beau pays. Aujourd’hui, face à cette réalité, Dignité RDC fait un appel sincère : s’il vous plait, déposons les armes. Choisissons l’unité, la paix et l’avenir. ’’

Référence

[1] https://en.wikipedia.org/wiki/International_Day_of_Sport_for_Development_and_Peace

[1] https://www.olympic.org/idsdp

[2] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2034956/noel-premiere-guerre-mondiale-1914-allemand-anglais

[3] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/644902/mandela-nelson-springboks

[4] https://sportetsociete.org/2013/12/06/nelson-mandela-le-sport-a-le-pouvoir-de-changer-le-monde/

[4] https://www.facebook.com/LaureusSportForGood/videos/sport-has-the-power-to-change-the-worldon-this-day-in-2000-our-first-patron-nels/787418616115082/